Affaire Choguel Maiga : les précisions du procureur général
Choguel Kokalla Maïga, ancien Premier ministre malien
Le procureur général près la Cour suprême du Mali, Mamoudou Timbo, a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire pour atteinte aux biens publics et malversations, au terme de laquelle l’ancien Premier ministre Choguel Kokalla Maïga a été placé sous mandat de dépôt.
Selon les autorités judiciaires, s’appuyant sur un rapport du Bureau du Vérificateur général (BVG), Choguel Maïga est poursuivi pour atteinte aux biens publics, incluant des faits présumés de faux, usage de faux et malversations financières, concernant sa gestion de la Primature, de l’Agence de gestion du Fonds d’accès universel (AGEFAU) entre 2020 et 2023, ainsi que de l’Autorité malienne de régulation des télécommunications et des postes (AMRTP).
L’ancien Premier ministre Choguel Maïga n’est pas le seul visé dans cette affaire. Le procureur général près la Cour suprême du Mali, Mamoudou Timbo, a dans son communiqué du mardi 19 août annoncé l’ouverture d’une information judiciaire contre plusieurs dignitaires, dont l’ancien Premier ministre et impliquant des fonctionnaires ainsi que des opérateurs économiques. L’ancien directeur de cabinet de Choguel Maïga, le professeur Issiaka Ahmadou Singaré, 80 ans, est d’ailleurs poursuivi dans le même dossier mais sans détention.
Le dossier fait état d’irrégularités financières jugées graves : dépenses injustifiées de plusieurs milliards de FCFA, octroi de prêts douteux, abonnements téléphoniques non documentés, frais de mission excessifs, marchés attribués sans transparence et autres anomalies de gestion.
Dans son communiqué, le procureur général a précisé que les investigations concernent notamment la gestion de la Primature et d’organismes rattachés. Le dossier avait donné lieu à une disjonction des procédures. La Cour suprême conserve la compétence pour certaines poursuites pénales, tandis que le volet relatif à la délinquance économique et financière est renvoyé devant le Procureur national financier.
Choguel Maïga avait d’abord répondu à une convocation le 1er août, avant d’être entendu de nouveau le 12 août, puis présenté devant la chambre d’instruction qui l’a placé sous mandat de dépôt au terme d’une garde à vue d’une semaine au Pôle national économique et financier de Bamako.
Selon son avocat Me Cheick Oumar Konaré, l’ancien Premier ministre a accueilli la décision « avec sérénité », déclarant qu’« un homme politique doit s’attendre à tout, y compris la prison et la mort ».
La chambre d’instruction poursuivra désormais l’examen du dossier, aucune date de comparution n’ayant encore été fixée.
