Libye : le regret de l’époque Kadhafi

À Tripoli, des centaines de libyens manifestent dans les rues pour dénoncer les longues coupures d’électricité et la hausse des tarifs. Les coupures de courant atteignent jusqu’à dix heures par jour. Difficile pour une population qui fait déjà face à l’inflation, aux pénuries de carburant et au manque de liquidités, pour ne citer que cela.
Pour crier leur ras le bol, plusieurs axes routiers ont été bloqués par des manifestants qui brulent des pneus sur la voie.
Qui l’eut cru ?
Il y a seulement quelques années, l’État libyen sous Kadhafi utilisait l’argent du pétrole pour réduire considérablement le cout de l’électricité et le prix du carburant des ménages. L’énergie était fortement subventionnée et quasi gratuite pour les usages domestiques de base.
Cet État-providence financé par les hydrocarbures touchait aussi à l’éducation, les soins de santé de base et certains prêts sans intérêt octroyés.
Il faut le dire assez clairement : la Libye sous Kadhafi (1969-2011) reste un exemple unique de redistribution équitable des richesses pétrolières. Sous sa gouvernance, le pays désertique qu’était la Libye est devenu un État prospère avec un point d’honneur mis sur une politique sociale très généreuse. La redistribution équitable des richesses pétrolières n’était pas du tout une vue de l’esprit. Le confort des libyens paraissait si naturel.
Après avoir atteint un pic historique autour de 3 millions de barils par jour dans les années 1970, la production de pétrole de la Libye sous le régime de Mouammar Kadhafi s’élevait en moyenne à 1,6 million de barils par jour juste avant la crise de 2011.
Ces dernières années, cette production n’a pas vraiment changé avec 1,44 million de barils par jour de pétrole brut et de 49 000 barils de condensats. La Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC), pour 2026 devrait atteindre d’ailleurs les 1,6 million de barils par jour grâce à la relance de gisements matures et l’attribution de nouvelles licences d’exploration à des groupes internationaux comme Eni ou Chevron.
En clair, malgré tout, le secteur pétrolier Libyen est parvenu à maintenir une relative stabilité opérationnelle. Alors pourquoi cette situation aujourd’hui alors que le pétrole continue de couler ?
Pour qui coule-t-il d’ailleurs aujourd’hui ?
Surement pas pour les libyens que Mouammar Kadhafi avait mis dans un confort à travers une politique sociale juste de redistribution équitable des richesses pétrolières. Oui, « le dictateur » comme certains l’appelaient, l’avait réussi.
