Présidentielle au Bénin : Wadagni favori, l’abstention le véritable adversaire

Ce dimanche, le Bénin s’apprête à élire son nouveau président. Romuald Wadagni, actuel ministre des Finances et dauphin désigné de Patrice Talon, part grand favori. Fort d’une décennie de croissance économique robuste, il incarne l’héritage d’un président sortant qui quitte le pouvoir après deux mandats.
Face à lui, l’opposition apparaît morcelée : Paul Hounkpe, seul rival de poids, peine à mobiliser après avoir dû solliciter des parrainages de la majorité pour se présenter. Le scrutin est toutefois marqué par l’apathie des huit millions d’électeurs et l’absence du principal parti d’opposition, « Les Démocrates », dont le chef Renaud Agbodjo a été écarté de la course.
Pour beaucoup, cette exclusion entache la crédibilité démocratique du vote. Si le bilan macroéconomique de l’ère Talon est indéniable, avec un PIB doublé et des infrastructures modernisées, le défi social reste immense.
Le sentiment que les fruits de la croissance sont inégalement répartis alimente la frustration. Au-delà de l’économie, le futur président héritera d’une situation sécuritaire précaire dans le Nord, menacé par les incursions meurtrières du groupe terroriste JNIM.
Entre enjeux de libertés civiles, lutte contre l’extrême pauvreté et stabilisation des frontières, le mandat de Wadagni, s’il est confirmé, s’annonce complexe.
