RDC-Rwanda : accord de paix sous l’égide des États-Unis… mais encore des incertitudes

Signature d’un accord de paix à Washington, ce vendredi 27 juin 2025.

 

La République Démocratique du Congo et le Rwanda ont signé un accord de paix historique, sous la médiation des États-Unis, visant à mettre fin à des décennies de conflit sanglant. La signature de cet accord intervient lors d’une cérémonie organisée à la Maison Blanche. Ce sont les ministres des Affaires étrangères des deux pays qui ont signé l’accord en présence de leur homologue américain. 

 

Le conseiller du président Trump pour l’Afrique, Massad Boulos, a lui indiqué que Kigali s’engage à la « levée des mesures défensives du Rwanda » même si l’accord ne parle pas explicitement du M23. Cet accord de paix « n’est que le début, pas la fin », a dit la ministre congolaise des Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba Wagner. Le président américain Donald Trump s’est félicité, plus tôt, dans la journée d’être parvenu à un accord.

 

« C’est un moment important après trente ans de guerre », a déclaré le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio lors d’une cérémonie au département d’Etat aux côtés de ses homologues rwandais et de la RDC, ajoutant cependant qu’il y avait encore « beaucoup à faire ». Les deux pays s’engagent désormais à désarmer les groupes armés, à assurer la sécurité et à promouvoir la réconciliation.

 

Si cet accord est présenté comme inédit, il n’en demeure pas moins que plusieurs autres l’ont précédé. Après les accords de Pretoria en 2002, d’autres ont suivi mais tous ont échoué à mettre fin à un conflit vieux de 30 ans dans l’est de la RDC.

 

Le président Paul Kagame avait lui-même reconnu en février dernier que plusieurs accords ont été signés mais qu’aucun n’a été respecté. Plusieurs cessez-le-feu ont également été violés depuis la résurgence des rebelles du M23 en 2022. La médiation de l’Union africaine menée par l’Angola a aussi échoué il y a quelques mois.

 

D’autres pourparlers qui ont eu lieu ces derniers mois à Doha, la capitale du Qatar intiment un regard plus ouvert. Ces pourparlers sous l’égide du Qatar ont eu lieu entre les autorités congolaises et les rebelles de l’AFC/M23. Des rebelles qui répètent qu’ils ne sont pas concernés par l’accord qui sera signé entre Kigali et Kinshasa. L’AFC/M23 fait référence à une coalition ou une alliance entre deux entités : l’Action des Forces de Défense du Congo (AFC) et le Mouvement du 23 mars (M23), un groupe rebelle actif dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Cette alliance est impliquée dans le conflit en cours dans la région du Nord-Kivu. Ce qui augure de lendemains incertains pour cet accord.